Les trois comptabilités de l'État
En une phrase
L’État tient trois comptabilités complémentaires : la comptabilité budgétaire, qui retrace les encaissements et décaissements au regard des autorisations votées ; la comptabilité générale, en droits constatés, qui décrit le patrimoine ; et la comptabilité d’analyse des coûts.
L’État tient trois comptes : un pour l’argent qui rentre et qui sort, un pour ce qu’il possède et doit vraiment, et un pour le coût de chaque action.
Pourquoi cette règle existe
Une seule comptabilité ne suffit pas. La comptabilité budgétaire vérifie que les paiements respectent le vote du Parlement. La comptabilité générale donne l’image du patrimoine et des dettes, que le budget ne montre pas. L’analyse des coûts permet de rapprocher les dépenses des résultats.
Une seule comptabilité ne montre pas tout. L’une vérifie qu’on respecte le budget voté. L’autre montre ce que l’État possède et doit. La troisième dit combien coûte chaque action.
Comment ça marche
- Comptabilité budgétaire : enregistre les recettes encaissées et les dépenses décaissées, au regard des autorisations budgétaires votées. C’est la comptabilité de l’exécution du budget.
- Comptabilité générale : tenue selon le principe des droits constatés. Une dépense est enregistrée quand elle naît, même si elle n’est pas encore payée. Elle décrit le bilan et le compte de résultat de l’État.
- Analyse des coûts : calcule le coût complet des politiques publiques et des actions, en rapprochant les charges des objectifs.
- Compte général de l’État : document qui présente les comptes de l’État en comptabilité générale, annexé au projet de loi d’approbation des comptes.
- Comptabilité budgétaire : elle note l’argent qui entre et qui sort, et vérifie qu’on respecte le budget.
- Comptabilité générale : elle note une dépense dès qu’elle est due, même si on ne l’a pas encore payée. Elle montre le patrimoine de l’État.
- Analyse des coûts : elle dit combien coûte chaque politique.
- Compte général de l’État : le document qui présente cette comptabilité générale.
Exemple concret
Une facture de fournitures reçue en décembre et payée en janvier apparaît en comptabilité générale sur l’exercice de décembre, au titre des droits constatés. En comptabilité budgétaire, la dépense n’est imputée qu’au moment du paiement, en janvier.
Une facture reçue en décembre et payée en janvier. En comptabilité générale, elle compte en décembre, car elle est due. En comptabilité budgétaire, elle compte en janvier, au moment du paiement.
Vocabulaire
- Droits constatés : Principe selon lequel une opération est enregistrée lorsque le droit ou l’obligation naît, indépendamment du paiement.
- Compte général de l’État : Document de synthèse de la comptabilité générale, qui présente le bilan et le compte de résultat de l’État.
- Autorisation budgétaire : Crédit voté par le Parlement, qui encadre les dépenses et recettes en comptabilité budgétaire.
- Coût complet : Ensemble des charges directes et indirectes imputables à une action publique.
- Droits constatés : On compte une somme quand elle est due, même si elle n’est pas encore payée.
- Compte général de l’État : Le bilan de l’État, comme une entreprise.
- Autorisation budgétaire : La somme que le Parlement a votée.
- Coût complet : Tout ce que coûte une action, y compris les frais annexes.
Les textes à citer
- LOLF (2001) : elle prévoit les trois comptabilités de l’État et le compte général de l’État.
- Décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 (GBCP) : cadre des comptabilités publiques.
- La LOLF (2001) : elle impose les trois comptabilités.
- Le décret de 2012 (GBCP) : il organise la tenue des comptes publics.
La source à connaître
- Compte général de l’État : présente chaque année, en comptabilité générale, le bilan, le compte de résultat et le tableau des flux de trésorerie de l’État.
- Compte général de l’État : le document qui montre chaque année le bilan de l’État.
Piège / à ne pas confondre
Droits constatés (comptabilité générale) et encaissements/décaissements (comptabilité budgétaire) ne coïncident pas dans le temps. Le compte général de l’État n’est pas le budget. L’analyse des coûts ne remplace pas la comptabilité générale : elle la complète.
Une dette compte quand elle naît, en comptabilité générale, mais elle se paie plus tard. Le compte de l’État n’est pas le budget. Le coût complet ne remplace pas le bilan : il s’ajoute à lui.
À retenir pour l'épreuve
Trois comptabilités : budgétaire (encaissements/décaissements), générale (droits constatés, patrimoine), analyse des coûts.
Trois comptes : l’argent qui circule, ce que l’État possède et doit, le coût de chaque action.