L'incidence économique des prélèvements, des dépenses et de la dette
En une phrase
Les prélèvements, les dépenses et la dette ont des effets économiques réels, sur la répartition des revenus, l’activité et l’investissement : c’est ce qu’on appelle l’incidence économique, qui peut différer de l’incidence légale.
Un impôt, une dépense ou une dette ne pèsent pas seulement sur le budget : ils changent aussi ce que font les gens et les entreprises.
Pourquoi cette règle existe
Juger une politique budgétaire sur son seul montant est insuffisant. Une même somme peut stimuler ou freiner l’activité selon la manière dont elle est prélevée ou dépensée. L’analyse de l’incidence permet d’éclairer les choix entre impôts, dépenses et financement par l’emprunt.
Un même montant d’argent public peut aider l’économie ou la freiner, selon la façon dont il est collecté ou dépensé. Il faut donc regarder les effets, pas seulement les chiffres.
Comment ça marche
- Incidence fiscale : la charge réelle d’un impôt ne retombe pas toujours sur celui qui le paie légalement. Une TVA sur un bien peu sensible au prix est supportée en grande partie par le consommateur.
- Effets sur l’offre : un impôt élevé sur le travail ou l’investissement peut en réduire le niveau.
- Effet multiplicateur : une dépense publique peut relancer la demande, plus fortement en période de sous-emploi. Son ampleur dépend du contexte.
- Effet d’éviction : un emprunt public important peut faire monter les taux d’intérêt et réduire l’investissement privé.
- Qui paie vraiment : un impôt payé par une entreprise peut être répercuté sur les prix, donc payé en partie par les clients.
- Effet sur le travail : des impôts très lourds sur le travail peuvent décourager de travailler.
- Effet de relance : en crise, une dépense publique peut faire repartir l’activité.
- Effet d’éviction : quand l’État emprunte beaucoup, les taux peuvent monter, et les entreprises empruntent moins.
Exemple concret
Une hausse de TVA sur les produits de première nécessité est légalement payée par les entreprises, qui la reversent à l’État. Mais si les prix augmentent, c’est le consommateur qui supporte en grande partie cette hausse : l’incidence économique n’est pas celle que dit la loi.
L’entreprise reverse la TVA à l’État, mais si elle augmente ses prix, c’est le client qui paie en grande partie. La loi ne dit pas tout.
Vocabulaire
- Incidence : répartition effective de la charge d’un impôt, entre celui qui le paie légalement et celui qui le supporte économiquement.
- Multiplicateur budgétaire : rapport entre la variation de l’activité et la variation de la dépense publique qui la provoque.
- Effet d’éviction : baisse de l’investissement privé due à la hausse des taux, qui résulte d’un endettement public important.
- Élasticité : sensibilité de la demande ou de l’offre à une variation de prix.
- Incidence : qui paie vraiment.
- Multiplicateur : combien d’activité crée un euro de dépense publique.
- Effet d’éviction : l’argent public qui empêche le privé d’emprunter.
- Élasticité : à quel point les gens réagissent à un changement de prix.
Les textes à citer
- Keynes, Théorie générale (1936) : théorie du multiplicateur.
- Article 34 de la Constitution : la loi fixe l’assiette et le taux des impositions.
- Comptes nationaux de l’INSEE : données pour mesurer les effets des prélèvements et des dépenses.
- Keynes (1936) : c’est lui qui a expliqué l’effet multiplicateur.
- Article 34 de la Constitution : c’est la loi qui fixe les impôts.
- Les comptes nationaux de l’INSEE : les chiffres pour mesurer ces effets.
La source à connaître
- Rapports de la Cour des comptes sur la dette et les dépenses publiques : analysent les effets de la trajectoire budgétaire sur la croissance et les taux (ccomptes.fr).
- Rapports de la Cour des comptes : ils expliquent comment la dette et les dépenses pèsent sur l’économie (ccomptes.fr).
Piège / à ne pas confondre
Incidence légale (qui doit payer) et incidence économique (qui paie réellement) ne coïncident pas toujours. L’effet multiplicateur n’est pas une constante : il dépend de la conjoncture. L’effet d’éviction est partiel, il ne compense pas toujours la dépense.
Celui qui doit payer n’est pas toujours celui qui paie. Le multiplicateur change selon la situation de l’économie. L’effet d’éviction ne supprime pas toute la relance.
À retenir pour l'épreuve
Incidence fiscale, effet sur l’offre, multiplicateur, effet d’éviction. Distinguer incidence légale et incidence économique.
Qui paie vraiment, effet sur le travail, relance, effet d’éviction. Ne pas confondre qui doit payer et qui paie.