La dépense publique et ses fonctions
En une phrase
La dépense publique regroupe les dépenses de l’ensemble des administrations publiques ; elle remplit trois fonctions économiques, dont la théorie de Musgrave donne la liste classique.
La dépense publique, c’est tout ce que dépensent l’État, les collectivités et la Sécurité sociale. Elle sert à trois choses, selon la théorie la plus connue.
Pourquoi cette règle existe
Il faut une justification économique à l’intervention publique. Le marché ne produit pas tout seul certains biens (défense, éclairage public), ne corrige pas toujours les inégalités, et connaît des cycles de crise. La théorie des finances publiques explique pourquoi la puissance publique dépense et dans quel but.
Il faut une raison économique pour que l’État dépense. Le marché seul ne fournit pas certains biens, ne réduit pas toujours les inégalités et traverse des crises. La théorie explique pourquoi la puissance publique intervient.
Comment ça marche
- Fonction d’allocation : fournir les biens et services que le marché ne produit pas ou mal (biens publics, externalités).
- Fonction de redistribution : corriger la répartition des revenus et des richesses, par l’impôt progressif et les transferts sociaux.
- Fonction de stabilisation : lisser les cycles économiques. Keynes (1936) a fait de la dépense publique un instrument de relance en période de récession.
- Loi de Wagner (1883) : tendance observée à l’augmentation de la part de la dépense publique dans la richesse, avec le développement économique.
- Allouer : l’État fournit ce que le marché ne fournit pas bien, comme la sécurité, la justice ou l’éclairage public.
- Redistribuer : l’État réduit les écarts de revenus, avec des impôts plus élevés pour les hauts revenus et des aides sociales.
- Stabiliser : en crise, l’État dépense plus pour soutenir l’activité. Keynes l’a défendu en 1936.
- Loi de Wagner (1883) : avec le développement, la part des dépenses publiques dans la richesse tend à augmenter.
Exemple concret
En récession, les recettes fiscales baissent et les dépenses d’indemnisation du chômage augmentent. Le déficit se creuse sans décision nouvelle : ce sont les stabilisateurs automatiques. Une relance discrétionnaire, elle, suppose une décision expresse de dépenser davantage.
Pendant une crise, les rentrées d’impôts baissent et les allocations chômage augmentent. Le déficit grandit tout seul : c’est un stabilisateur automatique. Si l’État décide en plus de lancer un plan de relance, c’est une relance voulue.
Vocabulaire
- Dépense publique : Ensemble des dépenses des administrations publiques (État, organismes divers d’administration centrale, collectivités, Sécurité sociale).
- Bien public : Bien non rival et non exclusif (défense nationale, éclairage public), que le marché ne fournit pas spontanément.
- Externalité : Effet d’une activité sur un tiers, sans compensation par le marché (pollution, par exemple).
- Stabilisateurs automatiques : Mécanismes qui amortissent le cycle sans décision nouvelle (impôt progressif, allocations chômage).
- Dépense publique : Tout ce que dépensent l’État, les collectivités et la Sécurité sociale.
- Bien public : Bien dont tout le monde profite sans qu’on puisse facilement faire payer chacun, comme l’éclairage public.
- Externalité : Effet d’une activité sur d’autres personnes, sans que personne ne paie pour cet effet, comme la pollution.
- Stabilisateurs automatiques : Mécanismes qui jouent seuls en crise, sans nouvelle décision, comme les allocations chômage.
Les textes à citer
- Article 1er de la LOLF (2001) : les lois de finances déterminent la nature, le montant et l’affectation des ressources et des charges de l’État.
- Article 34 de la Constitution : les lois de finances déterminent les ressources et les charges de l’État.
- Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) ; Musgrave, The Theory of Public Finance (1959) ; Wagner (1883).
- Article 1er de la LOLF (2001) : c’est la loi de finances qui fixe les recettes et les dépenses de l’État.
- Article 34 de la Constitution : même idée, au niveau constitutionnel.
- Trois auteurs à connaître : Wagner (1883), Keynes (1936), Musgrave (1959).
La source à connaître
- Musgrave (1959) : pose la distinction entre allocation, redistribution et stabilisation, qui structure encore l’analyse des finances publiques.
- Musgrave (1959) : il sépare les trois fonctions de la dépense publique : allouer, redistribuer, stabiliser. Tous les manuels s’appuient dessus.
Piège / à ne pas confondre
La dépense publique n’est pas la dépense de l’État : elle englobe les collectivités et la Sécurité sociale. Les stabilisateurs automatiques ne sont pas une relance discrétionnaire. La loi de Wagner décrit une tendance historique, pas une loi économique au sens strict.
La dépense publique, ce n’est pas seulement celle de l’État : il faut ajouter les collectivités et la Sécurité sociale. Le déficit qui se creuse seul en crise ne vient pas d’une décision. La loi de Wagner décrit une tendance observée, pas une loi certaine.
À retenir pour l'épreuve
Musgrave : allocation, redistribution, stabilisation. Wagner : tendance à la hausse. Keynes : dépense publique contracyclique.
Musgrave : fournir, redistribuer, stabiliser. Wagner : la dépense publique tend à monter. Keynes : dépenser plus en crise.